przewalski

                   Le cheval de Przewalski, un survivant de la préhistoire


L'équidé peint sur les parois des grottes de Lascaux, c'est lui le Przewalski. Un nom qu'il doit à Nicolaï M.Przewalski, colonel cartographe de l'armée impériale russe, qui l'a redécouvert en bordure du désert de Gobi, à la fin du XIXe siècle.

Espèce et non race, c'est le seul cheval sauvage qui soit parvenu jusqu'à nous.

Rustique, il ne dépasse pas 1,35 mètre au garrot. Des rayures discrètes lui zèbrent les membres, et sa crinière est curieusement dressée sans toupet sur le chanfrein. Une ligne brune court sur le dos de l'encolure à la queue.
Génétiquement, il est différent de tous les autres équidés. Sa particularité: une paires de chromosomes en plus, qui explique son  instinct sauvage et son impossibilité à être apprivoisé. Une spécificité qu'il perd, s'il est croisé avec un cheval domestique. L'hybridation a sans doute joué un grand rôle dans l'histoire de sa disparition.

A l'état sauvage, on ne l'a plus observé depuis 1966. Certains ont été capturés et vendus à des zoos. Un mal pour du bien, car c'est à partir de ces individus qui ont survécu en captivité que l'incroyable aventure entreprise par l'association Takh
(<<cheval sauvage>> en mongolie) a pu voir le jour. ce groupe de passionnés a en effet décidé de rendre la liberté au Przewalski et de les réintégrer dans les steppes mongoles. En collaboration avec le WWF (World Wildlife Fund) et le Parc national des Cévennes, ce projet fou est en passe de ce réaliser. 

On peut désormais voir galoper les solides petits chevaux au Villaret, sur le causse Méjean, notre steppe européenne.


Le défi ? Le rendre à la vie sauvage après des années de captivité

Tout a vraiment commencé en mars 1993, à l'arrivée des huit premiers chevaux. Trois autres les ont rejoints dans la foulée.
Sensation sans doute étrange, lorsque, après des années passées dans un zoo, ils ont foulés pour la première fois l'herbe du causse. Ce groupe était composé de cinq étalons et de six juments. Ils sont aujourd'hui quarante-sept à vivre dans un parc de 450 hectares.
Sur ce grand territoire, ils ont réussi à ce ré-acclimater à l'état naturel, et le retour d'une quinzaine d'entre eux dans les steppes mongoles est prévu pour l'été 2004. Dans cette perspective de les rendre à la vie sauvage, on limite à l'extrême les contacts avec l'homme. Ne recevant aucun apport de nourriture, ils broutent, prenant leur provision d'herbe au printemps et en été. En hivers, ils grattent la neige et vivent sur leurs réserves. Ils ne sont ni vaccinés ni vermifugés et le vétérinaire n'intervient qu'en cas d'extrême urgence.

Le troupeau s'est rapidement scindé en trois groupes familiaux distincts constitués chacun d'un étalon, de plusieurs juments et de poulains. Les naissances sont régulières: six poulains ont vu le jour en 2002. Lorsque les jeunes mâles atteignent l'âge adulte, ils rejoignent le groupe des célibataires qui reste entre eux, comme dans la vie sauvage. Ainsi, l'organisation de la horde s'est naturellement structurée et les jeunes nés dans cette liberté nouvelle devraient s'adapter à leur futur habitat, une aire protégée de 22 000 hectares, située dans l'ouest de la Mongolie.

Danièle Boone

extrait de la page 41 de version Femina le Dauphiné libéré N° 27 Supplément du DAUPHINE LIBERE© du 6 Octobre 2002 - Commission paritaire n° 50533 

Merci à D. BOONE de m'avoir autoriser à utiliser gratuitement son texte (que j'ai légèrement modifié pour mise en page sur ce site)


 

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